Samedi 19 mai 2012
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11:45
Ecrire, c'était un rêve.
Le rêve de pouvoir construire (comment dire?) une trace intelligible des milliers de pensées, d'émotions, d'émerveillements, d'indignations … qui lui traversent la
tête à tout moment depuis toujours.
Le rêve d'oser cela.
Le rêve de dépasser la peur qui l'en empêchait.
Participer à un atelier d'écriture, pour elle, ça avait d'abord été comme plonger, pour quelqu'un, qui a peur de se noyer, mais n'a pas d'autre moyen d'atteindre
l'autre rive du fleuve.
Oui, au début, ça avait été cela.
Ensuite, ce fut la surprise. La surprise d'avoir été capable d'écrire un texte, là, tout de suite, dans un cadre imposé, alors que ça lui paraissait absolument
impossible l'instant d'avant, la surprise ensuite d'oser en lire l'ébauche devant d'autres personnes.
Et puis aussi la surprise de la diversité de ce que les autres écrivaient dans les mêmes conditions.
Surprise … surprise et confusion.
Pourquoi n'était-elle pas, elle aussi, capable d'une telle inventivité, d'une telle fantaisie, d'une telle volubilité, d'une telle aisance … ?
Pourquoi n'était-elle pas, elle aussi, capable de fabriquer, immédiatement, un petit bijou de mots bien ciselé, comme d'autres qui semblaient le sortir, déjà tout
prêt, de leur chapeau ?
Puis ce fut le pari que, à force de la maltraiter, elle allait bien finir par faire céder la carapace qui la contraignait.
Vint alors se greffer la frustration.
La frustration de ne pas avoir pu participer à toutes les séances et donc … l'envie de remettre ça l'année prochaine en espérant que le hasard voudra bien y mettre
un peu du sien cette fois.
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